Wish you were here

Mois

juin 2013

96 billets

Jun 18, 201343,029 notes
Jun 18, 2013909 notes
Jun 18, 2013843 notes
“We are more than the worst thing that’s ever happened to us. All of us need to stop apologizing for having been to hell and come back breathing.” —Clementine Von Radics, Broken (via e-ntre)
Jun 18, 20131,448 notes
Jun 18, 2013854 notes
Jun 18, 20139,382 notes
Jun 18, 201337,611 notes
Jun 18, 201364 notes
Jun 18, 201336 notes
Jun 18, 201323,364 notes
Jun 17, 2013728 notes
“Sometimes I want less,
less clothing and less waiting,
less words and less space.”
—Daily Haiku on Love by Tyler Knott Gregson (via rainydaysandblankets)
Jun 17, 20133,590 notes
Jun 17, 201312,578 notes
Jun 17, 2013340 notes
Jun 17, 2013139,329 notes
Jun 17, 201387 notes
Jun 17, 20138 notes
La fête des pères.

Tu as toujours été le seul et unique interlocuteur à qui je confiais ma détresse. Celui qui, même dans l’au-delà, m’a toujours écouté, m’a toujours apporté, ce soutien à la vie quand l’envie d’en finir se faisait trop pressante. Même mort tu vois, Papa, tout a toujours été question de toi, de moi, de nous, et de ce que nous aurions pu changer à nos destins d’infortunés. Toutes mes peines et toutes mes brûlures telles des missives au ciel je te les ai envoyé et j’ai prié, pour que demain m’apporte des jours meilleurs. Car lorsqu’à l’âge de 8 ans l’enfer s’ouvrait sous mes pieds je ne réalisais alors pas encore le chemin de traversée qui attendait mon cœur, mon corps. La petite fille que j’étais avais disparu ce soir de Janvier 1999 et s’était tracée dans la fumée du soir lorsqu’au maire j’ouvris la porte du tombeau qui scellerait bientôt mon destin. Car tu avais disparu de ce monde. Et la nuit s’était éteinte à son tour.

Au fil des années toujours plus forte en moi la peine grandissait et je t’en voulais, d’avoir abandonné ta petite fille chérie au monde cruel de la réalité et des responsabilités. Lorsqu’à 8 ans seulement déjà je tint dans mes mains ton acte de décès, je sentis déjà les fers de la vie marquer au fer rouge mes poignets du saut de la mort, inévitable monstre anthropophage qui t’avait arraché à moi, je m’emplissais de brûlures. Enchaînée, j’étais enchaînée à toi et à nos souvenirs, et chaque jour un peu plus bas dans le gouffre de tes bras je souhaitais plonger pour te retrouver et oublier. Car la vie qui m’attendait Papa, tu sais, moi, je ne l’imaginais pas comme ça.  C’est ainsi que nous partîmes. Maman vendit la grosse maison qui du haut de mes 1m20 ressemblait plus à un château de tristesse et, valise à  la main, nous dîmes adieu à notre vie passée, aux souvenirs et aux rires qui écorcheraient encore le papier peint des murs pour les siècles à venir. J’abandonnais sur le pas de la porte la petite fille que j’étais ainsi que mes rêves de gamines. J’abandonnais ma chère et tendre enfance, mes ami(e)s, ma vie, pour la ville et de nouveaux monts inconnus. Ma douleur était indicible et c’est ainsi que je te dis non pas adieu mais à bientôt, car à partir de ce moment là c’est à toi que je dédirais tous mes îlots de douleurs, mes tracas, mes noirceurs. Ainsi ma vie prit fin, et je grandis.

On pourrait croire qu’avec l’âge le chagrin et la colère se tempèrent et cautérisent les brûlures, minimisent les éraflures, mais il n’en est rien. Indicible reste la perte, indicible reste le manque, indicible devint ma vie, loin de toi, loin de moi, loin de tout ce que je chérissais et qui fût un jour ma Vie. Tout d’abord cette ville je ne l’aimait pas, car elle vivait loin de toi. Je n’attachais aucuns sentiments au nouveau papier peint de mon cageot de douleur, aucuns souvenirs à ses rues, à ses jardins ni même à ses fleurs, tout me semblait sans vie. Tu n’étais définitivement plus là et aucuns souvenirs dans cette nouvelle ville ne me rattachaient à toi. J’avais l’impression de vivre une vie de réchappé, d’escapé, une vie comme une perpétuelle fuite en avant, à l’exception que moi je ne souhaitais pas te fuir, mais te reconquérir. Maman voulait tirer un trait ce qu’on nommait désormais passé, maman voulait essayer d’oublier, maman souhaitait fuir, toutes les douleurs que ton absence infligeait en sa poitrine lorsque jusque tard le soir je l’entendît pleurer et appeler ton nom dans la nuit noire. Elle aussi te cherchait. Elle aussi te priait, de bien vouloir revenir. Car elle aussi tu la hantais, du beau souvenir de nos éphémérités. La vie ici ne fût pas tendre avec nous tu sais, les débuts furent difficiles et avec maman nous ne nous comprenions pas toujours. Tel deux aimants qui s’attirent elle souffrait devant moi tandis que je souffrais en silence et que j’enfouissais en moi les miettes calcinées de mon enfance. Le manque nous rongeait l’âme. Nous savions toutes les deux les enjeux de ton départ et que nous sortirions de tout cela changées, marquées à jamais. Je pense qu’elle s’inquiétait plus d’à quel point cela affecterai ma vie, ma personnalité, mon humanité, lorsque devant ses yeux je remarquait bien souvent qu’elle avait fait le deuil de la petite fille qu’elle avait vu partir, pour accueillir en ses bras un monticule de douleur et de noirceur qu’elle ne savait comment appréhender et faire grandir. Maman a souvent cru que je n’avais aucuns sentiments. Que ta mort avait ôté à ma vie toute humanité. Je ne disais rien, je ne montrais rien. Alors qu’ici violemment en moi tout hurlait. Ainsi lorsque de fâcheuses disputes un peu plus nous nous écorchions l’âme, c’était pour mieux tomber dans les bras l’une de l’autre, en pleurs, sur cette vie sans saveur et sans avenir. Nous partagions le même combat, la même lutte, et elle s’étonnait alors qu’à mon tour j’ai un cœur. Car tu le sais dans la famille on fait fît de ses émotions et on ne montre pas, les blessures et les brûlures, on souffre en silence, on ne parle des gens morts qu’on appelle absences, telle est la devise familiale.

Ainsi les années passèrent, s’envolèrent avec elles ma jeunesse, mais pas la tendresse et la beauté de cette vie passée qui nous avait tant aimé. J’appris la Vie, à l’instar de la mort. Je découvris en moi d’autres trésors, d’autres aurores, ou la nuit n’avait vu le jour ces dix dernières années passées.  Je grandissais, des étapes importantes dans ma vie arrivaient et tu n’étais pas là pour voir la femme que je devenais. Absent à ma réalité, toujours plus en tes bras je voulais me confier. Durant ces années j’ai manqué terriblement d’amour, tu sais. Maman m’aimait maladroitement, à sa façon, et je l’aimais maladroitement, à ma façon. Un lien ténu inexplicable s’était tissé entres nous et sur un pied toujours plus nous virevoltions entre les ruines du passé, car le mal de ton absence n’était jamais bien loin. Je pense qu’outre le fait du manque d’amour paternel, c’est le manque d’amour venant de Papy qui m’a le plus manqué et blessé. Il ne fallait pas montrer ses sentiments, il ne fallait pas trop s’aimer ni m’aimer pour ne pas faire de moi un être faible, car la faiblesse dans notre famille, ça n’existe pas. Il fallût m’éduquer à la dure, fortifier ma douleur, en faire une arme contre le malheur et avancer passé dans le dos, oublier enfin, tous ces maux qui brûlent encore ma peau. Cette éducation à la dure n’a fait que renforcer mon amour pour lui. Et pourtant avec l’âge, toujours plus ai-je l’impression qu’il distance ses sentiments de moi, comme si aimer pouvait nuire à la santé, comme si aimer pouvait à nouveau tuer. Penses-tu qu’il n’ose m’aimer pour mieux me préserver? Maman me dit que je suis folle de vouer un culte à un grand-père qui n’a jamais cherché à contribuer à mon bonheur. Ce que maman ne sait pas c’est que toutes ces douleurs que l’on tait en nos cœurs parfois ne trouvent plus de mots ni d’écho au mot bonheur. Ainsi va la vie. On ne parle pas de Papa devant lui, on ne parle pas de nos vies, de nos peines, juste du superflu, pour mieux habiller nos malheurs en haillons de douleur. Un double niveau de langage se fait et on panse ensemble, cet amour destructeur.

14 ans déjà. Une fois de plus je te débite ce que j’ai sur le cœur, à toi, mon unique et magnifique interlocuteur. Le temps passe et me vole ma jeunesse ainsi que nos éclats de rire. Perpétuel bruit de fond, je ne me souviens déjà plus de ton sourire, juste des photos grisées par le temps qui ornent mes murs de solitude. Ma mémoire s’efface mais pas  la peine, ni le manque, à ma vie tu restes insoluble. Aujourd’hui c’est ta fête, c’est la fête des papas, de ces hommes qu’on aime tant et qu’on chérit. De ces hommes, de ces héros de notre enfance qui parcourent nos souvenirs et décorent nos rêves de petites princesses. Aujourd’hui c’est la fête en mon cœur, la célébration de mon unique malheur, et de mon indicible bonheur. Aujourd’hui c’est ta fête Papa, c’est le jour ou j’aurais dû te prendre dans mes bras et te dire à quel point tu es magnifique, à quel point je t’aime, et à quel point tu fais de ma vie un éclat de rire. Mais je ne peux pas, puisque la vie est ainsi faite, puisqu’à ma vie on t’a enlevé, et dans ma douleur, à tes bras de bonheur. Ainsi ces mots, cette prose sont tout ce que j’ai, tout ce qui me fait, et tout ce que je te dédie. Tout passe, tout trépasse, mais pas mon amour pour toi. Car je t’aime au delà de l’âme, au dehors de moi, mes pensées d’amour pour toi sont infinies. Et je t’aime à la vie.

Bonne fête des pères mon Papa d’amour chéri.

© Jula

 

Vous pouvez en lire plus ici.

http://www.deezer.com/track/3106446

 Et une tête qui pense toujours si t’étais en vie
si t’étais en vie..

Jun 16, 2013
#amour #papa #chagrin #colère #décès #famille #peine #récit #pit baccardi #mort #fete des peres #écrit #writing #personnel #perso
Jun 16, 20132 notes
“Anyone who falls in love is searching for the missing pieces of themselves. So anyone who’s in love gets sad when they think of their love. It’s like stepping back inside a room you have fond memories of, one you haven’t seen in a long time. It’s just a natural feeling.” —Haruki Murakami, Kafka On The Shore (via perfect)
Jun 16, 20132,858 notes
Page suivante →
2012 2013
  • janvier 240
  • février 191
  • mars 176
  • avril 83
  • mai 255
  • juin 96
  • juillet
  • août
  • septembre
  • octobre
  • novembre
  • décembre
2012 2013
  • janvier
  • février
  • mars
  • avril
  • mai 19
  • juin 18
  • juillet 50
  • août 47
  • septembre 129
  • octobre 165
  • novembre 79
  • décembre 74